Les acides phénoliques : de la recherche au marché

Les acides phénoliques : de la recherche au marché

Le 1er juillet s’est tenu un workshop sur le potentiel des acides phénoliques dans le cadre de l’édition digitale 2020 de BIOKET, avec l’objectif d’échanger sur les principaux verrous rencontrés lors du passage du laboratoire à l’échelle industrielle dans le domaine de la chimie bio-sourcée, avec les acides phénoliques comme exemple concret.

Les 160 participants à cet évènement et les échanges avec les intervenants ont montré l’intérêt de cette famille de molécules dans le développement d’une véritable filière chimie du végétal, en raison de leurs propriétés anti-oxydantes et leur potentiel comme précurseurs d’autres molécules d’intérêt, avec des applications en chime, pharma, cosmétique, IAA, etc.

Le workshop a été l’occasion de mettre en avant les compétences du Carnot 3BCAR autour de cette famille de molécules d’intérêt et plus largement celles d’INRAE. Egalement, d’avoir le retour d’expériences d’industriels –de la start-up au grand groupe– concernant l’étape clé de changement d’échelle avec trois exemples d’application différentes d’acides phénoliques.

A travers les témoignages des industriels présents, Celabor, Oléoinnov, Eurodia Industrie, Solvay et SEPPIC, il a été mis en évidence une vraie demande du marché pour ces molécules. Ce marché représente 35 M$ et les demandes en acide férulique devraient atteindre plus de 750 t/an d’ici 2025, avec un prix compris entre 30$/kg et 200$/kg en fonction de la pureté de la molécule. Les acides phénoliques sont déjà largement utilisés dans de nombreux domaine et notamment l’acide férulique pour la cosmétique avec plus de 1280 produits disponibles.

Il a ainsi été possible de dégager des éléments clés de succès pour la création de nouvelles chaines de valeur (y compris de nouvelles fonctionnalités) basées sur l’exploitation de cette famille de composés phénoliques :

  • Le « time to market » en chimie du végétal est ≠de celui de la chimie classique,
  • La nécessité de favoriser une approche bioraffinerie multi-produits avec un cracking complet et une valorisation pour l’ensemble des marchés →valorisation du « pool » de molécules produites et bien définir le niveau de pureté finale requis selon les applications.
  • Les acides phénoliques se trouvant à faible concentration dans les plantes et dans les phases liquides des procédés d’extraction, il ne faut pas minimiser les couts de purification et la prise en charge des coproduits et des déchets.
  • Il est essentiel de mettre en place des procédés d’extraction et de purification adaptés et respectueux de l’environnement et permettant de préserver la bioactivité de ces molécules qui permettent de répondre à la demande de « naturalité » des consommateurs.
  • L’exploitation durable de la ressource végétale européenne (dont les sous-produits et coproduits) peut constituer une opportunité de développement et de croissance ; prise en compte de la réglementation (label « naturel », protocole de Nagoya…).

 

C’est dans cette volonté d’apporter des réponses innovantes aux marchés que le Carnot 3BCAR a financé un projet de recherche portant notamment sur l’extraction de l’acide férulique : Valéoris (lien vers fiche projet). Ce projet est mené par les laboratoire LBE et BBF.